MONTRÉAL, mardi le 18 août 2026 – Réagissant au dévoilement à Saint-Jean de Terre-Neuve de la nouvelle entente-cadre sur Churchill Falls par la première ministre Christine Fréchette, le premier ministre canadien Mark Carney et le premier ministre terre-neuvien Tony Wakeham, Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec dénonce avec force ce qui constitue une véritable capitulation économique et le début de l’ingérence directe d’Ottawa dans la gestion de l’électricité québécoise.
« La présence de Mark Carney hier au dévoilement de cette nouvelle mouture n’a rien d’anodine : elle consacre la mise en place du plan fédéral de corridor canadien de l’énergie. Sous le couvert de prêts fédéraux, d’une fausse « sécurité énergétique » et de transport interprovincial, Ottawa réussit enfin à s’ingérer dans l’électricité du Québec. C’est Michael Sabia, bras droit de Carney et ancien PDG d’Hydro-Québec, qui a ficelé la 1ere version de ce marché de dupes et qui a sûrement garder un œil sur la 2e mouture. Avec Christine Fréchette, le gouvernement québécois capitule en cédant notre plus grand levier d’émancipation économique pour enrichir Terre-Neuve et alimenter les mégacentres de données de la Silicon Valley. C’est inacceptable, et nous devons bloquer cette entente avant qu’il ne soit trop tard », déclare Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec, ancienne ministre des Ressources naturelles et ancienne gestionnaire chez Hydro-Québec.
Comparée faussement au projet de la Baie-James par les propagandistes d’Ottawa, cette entente n’a pourtant rien à voir avec le modèle québécois de développement hydroélectrique. Alors qu’Hydro-Québec est propriétaire à 100 % des barrages de la Baie-James, le Québec n’aura même pas de participation majoritaire dans les nouveaux projets du Labrador, tout en payant près de 90 % de la facture totale.
Une entente encore plus désastreuse pour le Québec avec Fréchette
Déjà ruineuse sous François Legault en décembre 2024, l’entente renégociée par Christine Fréchette s’avère encore pire pour les intérêts québécois :
Un coût d’électricité accru : Le prix payé par le Québec pour l’électricité est encore plus élevé que dans la première mouture, faisant exploser les coûts pour les contribuables et les tarifs d’électricité.
Plus de milliards, moins de propriété : Hydro-Québec injectera des dizaines de milliards supplémentaires pour une part d’actionnariat minoritaire, tout en assumant l’essentiel des risques financiers et des dépassements de coûts.
Affaiblissement stratégique de notre réseau : L’ouverture des lignes de transport d’Hydro-Québec au profit de Terre-Neuve est une concession historique gravissime qui brise le monopole stratégique et le pouvoir de négociation du Québec.
Le leurre de l’éolien privé : L’ajout annoncé en fanfare de 2 000 MW d’éolien ne représentera en réalité qu’environ 500 MW d’énergie garantie (avec un facteur d’utilisation moyen de 25 %). Une fois de plus, les détails gardés sous silence cachent l’enrichissement d’entreprises privées sur le dos des Québécois.
Après la « pénurie », maintenant la « sécurité » énergétique
Après nous avoir servi l’épouvantail de la « pénurie » pour justifier l’abandon de notre rapport de force, le tandem Fréchette-Carney utilise désormais l’alibi commode de la « sécurité énergétique ». Il s’agit d’une pure opération d’enfumage. Les citoyens du Québec disposent déjà de toute l’énergie nécessaire à leur transition et à leur bien-être collectif. Cette énergie bradée et subventionnée ne servira qu’à honorer les promesses faites aux multinationales et aux multimilliardaires de l’intelligence artificielle (les Musk, Gates et Bezos de ce monde) pour alimenter des mégacentres de données énergivores. Le PLC et la CAQ doivent cesser de prendre la population pour des valises.
La bonne nouvelle : il n’est pas trop tard
Climat Québec rappelle que le document rendu public hier n’est qu’une entente-cadre : l’entente définitive et contraignante n’est pas encore signée. Il est encore parfaitement possible d’arrêter ce cirque.
Hydro-Québec n’avait aucune raison de rouvrir avant son échéance de 2041 le contrat de 1969, pour lequel elle détient un droit de veto stratégique et une position de force incontestable. Climat Québec exige :
Le refus catégorique d’entériner cette entente-cadre et l’arrêt immédiat des négociations basées sur ces paramètres ruineux ;
Le respect intégral du contrat de 1969 jusqu’en 2041 sans céder un seul centime ni ouvrir nos lignes de transport ;
La tenue obligatoire d’une commission parlementaire élargie avec audiences publiques et contre-expertise indépendante avant tout engagement futur ;
La préservation intégrale de la souveraineté d’Hydro-Québec sur ses réseaux et ses choix de développement.
« Le Québec n’a pas à s’excuser d’avoir financé et bâti Churchill Falls, ni à brader son avenir énergétique pour complaire au gouvernement fédéral et à Terre-Neuve. Nous devons défendre notre bien commun sans complexes et sans recul », conclut Martine Ouellet.
À propos de Climat Québec
Climat Québec est un parti politique indépendantiste dédié à la justice climatique qui propose que l’État de la République du Québec prenne toutes ses décisions à travers le prisme du climat dans une perspective d’équité sociale et économique.