Blainville, mardi 14 octobre 2025 — Climat Québec et la Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule #6 de Stablex répondent aux fausses justifications et aux propos troublants du directeur du service incendie de Blainville et de la direction de Stablex à la suite du déversement toxique d’un camion sortant de chez Stablex le 21 août dernier pendant une vigie d’une vingtaine de citoyens.
« Le rôle d’un directeur de service incendie est de protéger la population, pas de relayer les lignes de communication d’une multinationale de déchets toxiques. Les citoyennes et citoyens de Blainville ont droit à la vérité et à un environnement sain. » a déclaré Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec
« Depuis des mois, les citoyens font le travail que ni la Ville ni le ministère de l’Environnement ne semblent vouloir faire : documenter les déversements, poser les vraies questions et exiger des comptes. Nous ne lâcherons pas. » a ajouté Marie-Claude Archambault, porte-parole de la Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule #6 de Stablex
Le service d’incendie de Blainville n’a pas les équipements de laboratoire pour détecter les métaux lourds dans l’eau
Climat Québec et la Coalition ne remettent aucunement en question les compétences du service incendie de Blainville pour combattre les feux. Toutefois, il est clair que le service incendie n’a ni l’expertise chimique ni les équipements de laboratoire nécessaires pour analyser la présence de métaux lourds toxiques dans l’eau. Ce n’est d’ailleurs pas leur rôle de le faire.
Un simple test de pH ne permet pas de détecter des contaminants comme le plomb ou le cadmium. Comment le directeur du service incendie de Blainville, M. Claude Deschuymer, peut-il conclure, sur la base d’un test aussi sommaire, que l’eau déversée par le camion n’était pas contaminée?
Les résultats rendus publics par Climat Québec et la Coalition proviennent du rapport de l’expert Daniel Green qui a analysé les résultats du Laboratoire Véritas, un laboratoire accrédité par le ministère de l’Environnement.
Quant à la tentative de Stablex de discréditer ces résultats en prétendant qu’il y aurait eu une contamination croisée, elle est tout simplement pathétique. L’eau du déversement a été recueillie avec un verre en carton sortant de son emballage et versée dans une bouteille d’eau dans laquelle un citoyen buvait. Il est donc évident qu’il n’y avait aucun métaux lourd présent dans ces deux contenants avant l’échantillonnage.
Les taux mesurés — avec des dépassements majeurs pour huit métaux, dont 42 fois la norme pour le plomb, 38 fois pour le mercure, 8,7 fois pour le manganèse et 4 fois pour le cadmium — ne peuvent en aucun cas provenir des contenants utilisés. Ces résultats reflètent clairement une contamination réelle de l’eau recueillie lors du déversement du camion qui a duré 45 minutes.
Dans sa dernière communication sur le site de Blainville, le directeur Deschuymer prétend que le service incendie « a prélevé un échantillon du liquide en question (provenant du camion) ». Il est quand même surprenant qu’aucun de la vingtaine de citoyens présents sur place n’ait observé une telle prise d’échantillon de la part du service incendie. Si un tel échantillon a réellement été pris, est-ce que le directeur peut nous confirmer la quantité de liquide prélevé, l’endroit de prélèvement, à quel laboratoire a-t-il demandé les analyses de métaux lourds et quels fut les résultats détaillés?
Camions « lavés » à l’eau contaminée
Quant à l’explication de M. Deschuymer selon laquelle le camion aurait été « lavé à l’eau » avant de sortir, le directeur des services incendie semble bien mal informé de ce qui se passe réellement chez Stablex. En effet, Climat Québec et la Coalition ont appris, de sources bien informées, que les camions étaient lavés avec l’eau du lixiviat, c’est-à-dire l’eau contaminée provenant des anciennes cellules, et non pas avec l’eau de la Ville.
Selon ces sources, Stablex a décidé depuis quelques années de remplacer l’eau de la Ville par l’eau contaminée de ses anciennes cellules pour laver les camions, dans le but de faire des économies. Stablex aurait ainsi eu « la brillante idée » de se débarrasser de l’eau contaminée de ses anciennes cellules en l’utilisant pour laver différents équipements, dont les camions avant leur sortie du site. Pour ce faire, l’eau dite « traitée » ne serait pas décontaminée. Stablex se contenterait d’un « traitement » qui est en fait un équilibrage du pH, simplement pour s’assurer qu’elle n’est ni acide ni alcaline, mais d’un pH neutre. Or, même avec un pH neutre, l’eau peut contenir de très grandes quantités de métaux lourds et toxiques.
De plus, l’eau ayant servi à « laver » le camion qui contenait des matières dangereuses se retrouve à accumuler ces matières dangereuses dissoutes.
Il n’est donc pas surprenant de retrouver dans l’eau du déversement du camion des quantités de métaux lourds dépassant largement les normes.
Pourquoi M. Deschuymer répète-t-il, sans savoir ce qui se passe réellement chez Stablex, les explications biaisées fournies par Stablex?
Propos de M. Deschuymer, directeur du service incendie de Blainville qui sont diffamatoires et qui portent atteinte à la réputation
Dans une entrevue rapportée par Cime fm, M. Deschuymer, directeur du service incendie de Blainville, a dépassé les bornes en relatant que les propos de Climat Québec et de la Coalition étaient mensongers sur la base d’un rapport de ses techniciens. Une demande d’accès à l’information est d’ailleurs en cours pour obtenir ce rapport.
Ces déclarations sont inacceptables, troublantes et diffamatoires. Le rôle du service incendie est de protéger les citoyens — non de protéger Stablex. Le Service incendie se doit d’être indépendant des pressions venant de la Mairie ou des pressions venant de Stablex.
Climat Québec et la Coalition des citoyens de Blainville contre la cellule #6 de Stablex demandent à M. Deschuymer de retirer publiquement ses propos qui portent atteinte à leur réputation.
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