Crise climatique: les Québécois peuvent contribuer à inverser la tendance

MARTINE OUELLET, CHEF CLIMAT QUÉBEC, EX-MINISTRE DES RESSOURCES NATURELLES

Mardi, 31 mai 2022 05:00

Publiée par le Journal de Montréal

Plusieurs régions du Québec ont récemment subi les ravages de la crise climatique. Une grande partie de la population du Québec a été sur le pied d’alerte à la suite d’un avertissement d’orages violents émis par Environnement Canada sur tous nos téléphones cellulaires.

Les régions de l’Outaouais, des Laurentides, de Lanaudière et de la Capitale-Nationale y ont particulièrement goûté : des centaines d’arbres déracinés, des morceaux de toitures envolées, des dizaines de poteaux d’Hydro-Québec tombés et des pannes d’électricité touchant plus de 100 000 clients.

Les images des ravages de la tempête sont éloquentes. Malheureusement, ce n’est que le début de ce que nous réserve le dérèglement climatique si nous n’agissons pas maintenant.

Un gouvernement irresponsable

Devant autant d’évidences, il est totalement irresponsable de la part du gouvernement de la CAQ de s’entêter à perpétrer les vieux modèles de développement économique basés sur le pétrole. François Legault fait totalement fi du climat. Il autorise des projets de milliards de dollars qui vont empirer considérablement la crise climatique comme le 3e lien entre Québec et Lévis. 

Il refuse d’autoriser des dizaines d’aires protégées déjà prévues au niveau régional seulement pour satisfaire les compagnies forestières et leur volonté de couper sans fin. Il refuse de changer l’équilibre des dépenses d’État afin d’augmenter considérablement le financement du transport collectif par rapport au financement des infrastructures routières. Et j’en passe.

Il faut se rendre à l’évidence, on ne réussira jamais à convaincre François Legault et sa CAQ d’agir véritablement pour contrer la crise climatique. Ils continueront à nous servir des annonces d’écoblanchiment pour cultiver une illusion d’espoir auprès des électeurs afin de continuer à les endormir avec des déclarations trompeuses. Il est temps que nous sortions collectivement de cet état d’apathie et que nous nous réveillions en nous relevant les manches.

Le pouvoir citoyen

Comme citoyennes et citoyens, nous avons la responsabilité et le devoir de faire le maximum en notre pouvoir pour empêcher que la crise climatique ne s’amplifie. Les gestes individuels sont importants, mais jamais ils ne seront suffisants. Nous devons nous réapproprier notre outil collectif qu’est l’État québécois, car il possède une puissance de frappe inégalable pour opérer un virage à 180 degrés.

Pour ce faire, un changement de garde complet de nos élus est nécessaire puisqu’au fil des dernières années, ils ont échoué lamentablement et ce, tous partis politiques

confondus. Il appartient donc au peuple de faire le ménage en élisant des députées et députés pro-climat qui ne plieront pas face au chant des sirène des gros lobbys pollueurs. C’est un secret trop bien gardé : le pouvoir citoyen est beaucoup, beaucoup plus fort que le pouvoir de l’argent, mais pour ça, il faut l’exercer! 2022 est une année électorale et nous aurons comme peuple une occasion extraordinaire en octobre prochain de changer l’avenir du Québec et de la planète.

Agir concrètement chez nous afin de collectivement faire le ménage dans notre propre cour avec des solutions qui collent à nos réalités, à notre territoire, c’est la seule avenue pragmatique à la crise climatique. La volonté politique est le seul ingrédient manquant actuellement. Les citoyens du Québec ont le pouvoir d’imposer cette volonté et ainsi renverser la vapeur.