Pandémies : Climat Québec déplore le manque de pragmatisme des gouvernements Legault-Trudeau

Climat Québec déplore le manque de pragmatisme des gouvernements Legault-Trudeau en matière de santé publique. Les changements climatiques et la destruction des milieux naturels représentent un facteur d’accélération des épidémies. C’est pourquoi lutter contre les changements climatiques, c’est prévenir une prochaine crise pandémique. La nouvelle formation déplore qu’aucun des deux paliers de gouvernement ne prenne au sérieux cette menace, pourtant bien réelle, en continuant d’autoriser des projets extrêmement pollueurs.

La chef de Climat Québec a fait valoir : « Avec le réchauffement climatique, les risques de multiplication des pandémies doivent être pris en considération. Or, les gouvernements Legault-Trudeau manquent de pragmatisme, ils agissent à court terme, trop souvent en fonction de l’image et sans s’attaquer au cœur du problème : la défaillance programmée de notre système de santé. »

Un système de santé rendu défaillant 

Elle ajoute : « Notre système a été victime du néolibéralisme qui vise à affaiblir l’État au profit d’intérêts privés. En effet, la dérive du système a commencé par les coupures des transferts en santé du gouvernement canadien, pour s’amplifier par l’obsession du déficit zéro et des compressions budgétaires drastiques et répétées, dont François Legault est l’un des artisans comme ancien ministre de la Santé. Le sabotage du système de santé s’est accéléré sous les libéraux avec la privatisation de grands pans du système, dont les agences privées de placement, les CHSLD privés, les cliniques familiales privées ainsi qu’une centralisation abusive paralysant toute initiative locale. »

Selon Martine Ouellet, c’est la population qui paie les frais de ces mauvaises décisions : « Des rapports de la Santé publique traitaient déjà en 2007 des mesures à prendre en cas de maladies respiratoires sévères dans les centres de soin, mais ils sont restés lettre morte. Notre plus gros problème, ce n’est pas la pandémie elle-même, mais l’incapacité de notre système de santé à répondre à la crise tellement il a été fragilisé et même amputé depuis plus de 20 ans. Les réformes des dernières années sont un échec colossal et avec les risques accrus de pandémies ainsi que les nouvelles maladies liées au réchauffement climatique, il est urgent de redresser le fonctionnement de notre système de santé en commençant par le rapatriement de l’ensemble de nos taxes et impôts. Il ne sert à rien de continuer à perdre notre temps à quêter une augmentation des transferts canadiens en santé qui ne viendra jamais. En ayant le contrôle de tous nos moyens, nous pourrons reprendre le contrôle de ce service public essentiel. »

L’abandon de nos aînés, une vraie honte

Tous les chiffres l’indiquent, la COVID-19 a frappé de plein front nos aînés en CHSLD. Selon Martine Ouellet, les problèmes étaient pourtant connus depuis longtemps : « Ce sont les coupes répétées qui ont conduit à la privatisation d’une partie du réseau. Déjà en 2011, je dénonçais à l’Assemblée nationale les horreurs du premier CHSLD privatisé à Saint-Lambert par l’entremise d’un dit “partenariat public-privé”. Deux ans après le début de la pandémie, aucune mesure structurante de redressement n’est implantée. C’est indigne et honteux. Nos CHSLD sont tout aussi fragiles et incapables de faire face à une nouvelle pandémie et aux nouvelles réalités découlant du réchauffement climatique. »  

Redresser le système de santé et reprendre le contrôle de ce service public essentiel

La chef conclut qu’un virage fondamental vers la prévention et l’amélioration des services publics de santé est incontournable : « Les services de maintien à domicile dont on parle depuis des lustres, mais qui ne se concrétisent pas, probablement car les lobbys concernés n’y voient pas d’intérêt, doivent être priorisés. Il faut reprendre le contrôle public des CHSLD, leur assurer un financement suffisant et les décentraliser tout en assurant l’imputabilité des dirigeants. Nous devons désengorger les hôpitaux avec des structures légères et efficaces telles des cliniques d’infirmières 24/7 dans tous les CLSC. Les lobbys ne doivent plus dicter les décisions en santé, les Québécoises et les Québécois méritent mieux. »