La solution n’est pas de tuer les cerfs

Tuer les cerfs du parc Michel-Chartrand n’est pas la solution. Au contraire, une telle décision ne fait que repousser le problème à plus tard puisqu’elle n’adresse pas le cœur de l’enjeu: la possibilité pour les cerfs de continuer de migrer dans le parc.  

Cette situation découle d’une mauvaise planification urbaine et d’une mauvaise gestion municipale. En procédant à la destruction des habitats fauniques sans prévoir de connectivités entre les espaces verts des milieux urbains, les cerfs se sont retrouvés enclavés sans prédateurs dans le parc Michel-Chartrand. 

Les animaux habitaient le territoire bien avant l’urbanisation. C’est pour m’attaquer à ce type d’enjeux que j’ai financé le projet de Ceinture verte lorsque j’étais ministre des Ressources naturelles. Près de dix ans plus tard, le projet avance à pas de tortue. Il est incompréhensible et inacceptable que les différentes instances n’aient pas traité ce dossier en priorité. C’est cet immobilisme qui nous a mené directement dans la situation où nous sommes aujourd’hui avec les cerfs du parc Michel-Chartrand. 

La Ceinture verte

Le développement et le renforcement de la Ceinture verte dans l’agglomération de Longueuil, c’est l’établissement d’une infrastructure naturelle qui permettra d’assurer la fonctionnalité écologique, ainsi que la pérennité et l’accessibilité des milieux naturels. C’est aussi offrir la possibilité aux cerfs et à leurs prédateurs de se déplacer naturellement sur de plus grandes distances et à la faune de s’autoréguler. C’est pourquoi, comme candidate à l’élection partielle dans Marie-Victorin, je m’engage à appuyer le projet de Ceinture verte et à convaincre les différents intervenants de procéder à sa solidification rapidement. 

Pour le bien-être des animaux

La ville ne peut espérer régler l’enjeu à long terme simplement en tuant les cerfs et elle peut encore moins attendre à l’automne prochain pour agir. Il faut intervenir rapidement. Plusieurs groupes, experts, et même d’autres municipalités se sont manifestés pour venir en aide à la ville, et ce, bénévolement! Une telle collaboration permettrait la mise en place d’initiatives créatives et proactives qui s’incarnent à long terme et dans le respect du bien-être animal. C’est l’inertie de la ville de Longueuil dans ce dossier depuis plus d’un an qui a envenimé le problème et qui a permis au cheptel d’atteindre près de 75 cerfs. 

Pour veiller à leur bien-être, en plus du renforcement de la Ceinture verte, il faudra inévitablement procéder à la stérilisation d’une partie des cerfs afin de freiner leur multiplication. De plus, comme plusieurs d’entre eux sont atteints de la maladie de Lyme, la ville devra traiter les bêtes malades. Ces traitements existent et ils ne coûtent pas une fortune. 

Afin de protéger la flore du parc Michel-Chartrand pour les prochaines saisons, la ville de Longueuil devra aussi fournir de la nourriture aux cerfs. Des cerfs bien nourris et en santé, en plus de protéger la flore du parc, favoriseront et faciliteront la relocalisation d’une partie du cheptel. Les citoyennes et citoyens sont en droit de s’attendre à plus en matière de bien-être animal que des tergiversations et de l’attentisme et je compte bien tout faire pour rectifier le tir comme candidate dans Marie-Victorin. 

Martine Ouellet, cheffe du parti Climat Québec, Candidate dans Marie-Victorin et ancienne ministre des Ressources naturelles